Les Chroniques De Pandore
Première Partie
Scène 3 : Déliquescence
Squall et Irvine empruntèrent l’ascenseur, laissant les élèves passer par l’escalier en
rouspétant. Dans la cabine la musique douce insupportait Squall ce qui l’obligeait bien à faire autre chose ; mais il ne voyait pas quoi, pas le temps de faire une partie de carte. C’est Irvine qui tapa la discute en premier :
« Linoa et toi, ça roule ? demanda Irvine sans se soucier de l’expression de Squall qui se demandait pourquoi il posait une question pareille.
-…Mouais pas trop mal. Mais en ce moment elle me prend la tête pour qu’on aille vivre à Winhill alors que c’est trop isolé, trop loin et pas pratique pour aller au boulot. »
Là s’en fut trop pour Irvine le sensible qui bloqua l’ascenseur en appuyant sur le bouton d’arrêt d’urgence.
« Bon sang, qu’est-ce que…commença Squall.
-C’est plutôt à moi de dire ça mon pote, non mais tu te rends compte que depuis déjà quatre ans cette nana s’accroche à toi comme…comme Zell au dernier bretzel de la cantine, et toi ! Toi ! Tout ce que tu trouves à dire c’est ‘’Winhill c’est trop loin’’ ou bien ‘’Linoa me prend la tête’’ ! Mais tu penses un peu à moi des fois ?
-Co…comment ça ?
-Bah oui j’en ai marre, merde, que tu me fourres toujours au second rang et Linoa aussi me prend la tête. Elle a tendance à me confondre avec son Freud perso et m’appelle au tel’ sans arrêt. Encore un peu et elle va m’appeler ‘’docteur’’. Alors mec bouge toi parce que des filles amoureuses comme Linoa c’est rare, vraiment c’est très rare, surtout d’un demeuré comme toi. »
Sur ce, Irvine appuya sur le bouton de l’ascenseur qui reprit sa descente normalement. Squall paraissait plutôt circonspect.
« Si tu veux Irvine, je te mets en première ligne de combat…
-…Là, je sais plus quoi dire… » Irvine se prit le visage dans les paumes, mi-hilare, mi-désespéré pour le misanthrope à coté de lui.
L’ascenseur arriva au sous-sol n°2 de la partie ‘’mobile’’ de la BGU. Pour expliquer simplement, les membres du comité budgétaire de l’intendance ont décidé, il y a quatre ans d’investir massivement dans la rénovation de la flotte et la construction d’une base fixe à proximité de la mine de soufre afin de se servir de la source géothermique à la place du pétrole, trop instable et trop cher. Malheureusement, l’argent dépensé fut tel, que même les contrats de mission ne servaient plus à combler le déficit de la BGU. D’où une fréquentation de plus en plus grande à l’Université de jeunes ‘’j’m’en foutiste’’ et de fils à papa.
Le sous-sol n°2 était réservé à la paperasse confidentielle. Les rangers et les santiags de Squall et Irvine claquaient sur le sol chromé sans attirer l’attention de Shu ou d’un autre Seed, trop occupés par leur boulot. Ils arrivèrent dans le dos de Shu qui ne se retourna que par simple intuition féminine.
« Salut Squall, ça fait un bail !
-Salut Shu. Comment vont les monstres d’Esthar ?
-Trèèès mal, tu peux me croire, dit-elle avec un sourire tout en passant ses doigts sur ses hanches où se trouvaient deux revolvers à impulsions. »
Pendant ce temps, une équipe de bruleur-nettoyeurs arrivait dans ce qui semblait être un cimetière de monstres.
« Oh, l’massacre, dit le premier sur les lieux.
-Un vrai carnage… ajouta le second arrivé. Y’paraît qu’le Seed qui a fait ça est une gonzesse.
-Quoi ? Une Seed ! Bah, merde alors, j’suis bien content de plus être un soldat galbadien. »
Un peu plus loin une voix, qui mâchait ses mots autant que les deux autres, tempêtait dans le camion-benne
« Qu’est’que vous glander ? Band’e’bouseux eud’ galbadiens, y’a du pain sur la planche ! Au boulot ! » Ordonna le troisième en crachant par la vitre un vieux cigarillo mâchouillé.
« Bon bah quand faut y’aller m’sieur Biggs.
-Bèèh ouais Wedge. Not’ boulot est p’tet crasseux, mal payé et humiliant mais au moins on prend plus d’coups.
-N’empêche qu’il faut l’faire, tuer tous ces monstres avant que les premiers ne se désagrègent. »
Biggs et Wedge commencèrent enfin à bruler et à ramasser les carcasses de monstres pour les mettre dans le camion-benne.
« Désolé, je n’ai pas pris le temps de lire ton rapport, dit Squall. Quel est ce phénomène si mystérieux dont m’a parlé Geyser il y a deux semaines ?
-Et bien selon lui, il aurait découvert une nouvelle matière, aux propriétés inconnues, encore non classable, à Esthar, plus précisément au dernier impact de la ‘’larme sélénite’’.
-La vieille gare et la ‘’Lunatic Pandora’’…
-Exactement. L’équipe de chercheurs que je dirigeais, a remarqué quelque chose d’étrange : les compteurs Geiger s’affolent beaucoup moins à proximité de l’impact que lorsque la ‘’larme’’ se forme sur la Lune.
-Ça ne m’étonne pas vraiment, dédaigna Squall. La chute remonte à quatre ans, la radioactivité a dû s’atténuer.
-Tu te trompes Squall. La radioactivité a certes diminué dans l’air mais il reste un écart énorme entre ce qu’on devrait trouver et ce qu’il y a réellement.
-Un écart tu dis, mais par rapport à quoi ?
-Par rapport… à Trabia, déglutit-elle. »
Squall réfléchissait en se massant les tempes ; apparemment il y avait un lien entre ces éléments ; cependant il ne trouvait pas lequel. Brusquement, son expression de visage changea de tout au tout
«Au fait Shu, pourquoi es-tu allée à Trabia ?
-J’y étais bien obligée pour comparer les résultats et confirmer l’hypothèse de Geyser. Nous avons fait des fouilles et trouvé ceci, dit-elle en lui tendant une fiole dans laquelle se trouvait un liquide cristallin, de couleur verte et phosphorescent.
-Voici donc la fameuse matière dont tu m’as parlée… C’est bizarre, j’ai vraiment l’impression que je devrais m’y intéresser ; mais quelque chose m’… en empêche (Squall semblait chercher ses mots ; signe d’un certain agacement). Ça me rappelle… MES ULCÈRES D’ADOLESCENCE ! » Et Squall brandit d’un geste rageur devant le nez de Shu une note mirobolante, concernant les dépenses faites lors de cette mission ; une note qui trainait sur son bureau et qui n’échappa pas à Squall, s’élevant à plus de…
« Deux millions et demi de gils ! Pour une foreuse-extractrice, Shu ! Je me demande des fois si tu ne veux pas la mort de la BGU…
- Eh oh ! Excuse-moi de faire passer les obligations de nos contrats avant notre budget, monsieur-je-tiens-à-mon-fric-plus-que-tout-au-monde.
-Mm, c’est ça, fais ta maligne devant moi ; tu veux en parler avec Selphie ? C’est elle qui s’occupe de la paperasse après tout, je payerai cher si elle ne te fait pas une gueule d’enfer après cette folle dépense, surtout pour ramener un produit radioactif.
-Tu n’as pas à flipper d’une dose qui ne tuerait même pas une mouche !