Hop, voilà la suite :
Au début,je ne vis rien d‘ alarmant, il était gentil et attentionné. Ils se retrouvaient souvent dans un petit coin tranquille de Junon qui était constitué d’un banc avec un distributeur de boissons juste à côté. La nuit, il y avait un lampadaire qui éclairait juste le banc, laissant le reste de l’endroit dans la pénombre. Seul parfois le distributeur de boisson donnait des signes de vies lumineux en clignotant de temps à autre. Du banc, on pouvait voir la mer, le coin idéal pour deux amoureux malgré le fait que Junon ne soit pas une belle ville.
Bref, ça avait tout l’air d’être un flirt sans problèmes et gentillet. Je me demandais encore comment les filles que j’avais croisé quelques jours avant avaient pu imaginer de telles choses.
Mais malheureusement, mon avis commença à se rapprocher celui de ces jeunes filles lorsque j’ai entendu le fameux Alec annoncer fièrement :
« Ce soir ! Je vais déflorer ma fleur ! je sens que je vais passer un bon moment ! Elle est tellement bonne ! »
J’étais en train de manger et le contenu de ma bouche faillit partir dans le mauvais tuyau. Alec était en fait le genre de garçon qui cache bien son jeu. Il les séduit et leur promet monts et merveilles pour obtenir qu’une seule chose… Et après si ça ne lui convient pas, il va voir ailleurs. Il n’a que quinze ans et il traite déjà des femmes ainsi. J’ai été élevé par une femme et je ne me permettrai pas de parler de la gente féminine avec ces mots.
Je pense que j’ai pensé tout haut. Alec arriva devant moi alors que je terminais mon repas.
« Qu’est-ce que tu as dit, le première année ?
- Que l’on ne traite pas les femmes de la sorte ! »
Mes camarades me regardaient, comme si quelque chose d’étonnant venait d’arriver. Oui, j’avais réussi à dire ce que je pensais, sans hésitation.
Il se retourna vers ses amis.
« Hé, regardez tous, le p’tit intello à sa môman ose me répondre ! Moi je dis qu’il mérite que je lui refasse le portrait ! »
Je vis son poing arriver vers mon visage à toute vitesse, mais je réussis à l’éviter. J’ai essayé vainement de mettre en pratique les techniques de défenses que l’on avait appris qui permettait de déstabiliser l’adversaire et réussir à le mettre par terre, mais il faut croire que je n’avais pas choisi la bonne personne pour faire mon essai. Ce n’est pas mon visage, mais bien mes tripes qu’il décida tout compte fait de refaire. Après avoir réussi à esquiver son coup, Alec donna un gros de pied dans la table que je pris en plein dans le ventre. Je n’ai pas été assez rapide, pas assez fort pour l’éviter la table. Si je continue comme ça, je n’entrerai jamais au SOLDAT.
Je fus amené à l’infirmerie à moitié K.O après avoir vomi le contenu de mon estomac. L’infirmière me donna quelques cachets pour calmer la douleur.
« Vous devriez rester ici cette nuit, jeune homme ! Il vous a bien amoché ! »
Je suis resté silencieux quelques instants. J’avais très mal au ventre, mais si je n’agissais pas, qui pourrait le faire à ma place, c’était à moi de l’empêcher de lui faire du mal. J’ai sauté du lit pour récupérer mes affaires.
« Je vous remercie, mais je dois aider une amie !
- C’est pour elle que vous avez pris ce coup ?
- On peut dire que oui ! Je n’aime pas trop les imbéciles qui sautent sur tout ce qui bouge…
- C’est certain, j’ai encore retrouvé une jeune fille enceinte hier, elle est venue me voir à l’école à cause de ses nausées… Heureusement que l’avortement est autorisé ! Enfin, je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça, moi… Vous avez l’air d’être le genre de personne à qui l’on peut raconter tout et n’importe quoi, même s’il s’en fiche. »
Je me suis rhabillé tout en répondant à l’infirmière :
« Ce n’est pas que je m’en fiche, mais si je peux éviter que cela arrive à ma meilleure amie, je suis prêt à prendre tous les coups qu’il faut !
- Brave petit ! »
Je ne sais pas si elle m’a dit ça pour m’encourager ou parce qu’elle trouvait que mon dévouement était inutile, mais elle me fit un sourire compatissant.
Je suis retourné dans ma chambre pour mettre mon uniforme de patrouille qui me permettrait de ne pas être reconnu.
« Tu es de service ce soir, Cloud ?
- Euh… Oui ! Oui ! »
- Alors bon courage. » Me dit-til en me faisant un clin d’œil. Ce a quoi je lui répondis par un simple merci.
J’ai couru aussi vite que j’ai pu, ma courte convalescence à l’infirmerie avait sûrement donner du temps à Alec pour se rendre à son rendez-vous. Je me suis arrangé pour me rapprocher du lieu où ils se rencontraient. J’ai essuyé la sueur de mon front, repris mon souffle et enfilé mon casque avant de commencer ma mission d’espionnage. Je voyais Elisa attendre patiemment que son petit ami arrive. Ce soir-là, elle portait une robe blanche avec une petite dentelle en bas. Ses cheveux châtains étaient lâchés et faisaient de grosses boucles. Ses yeux verts contemplaient les étoiles. Elle était tellement jolie que j’ai commencé à ressentir quelque chose de bizarre en la regardant. J’ai secoué la tête pour reprendre mes esprits.
Alec arriva très décontracter dans son uniforme d’élève, sûrement pour éviter de trop se faire remarquer, avec un bouquet de fleurs à la main qu’il lui présenta avant même de lui dire bonsoir. Elle l’accepta en le regardant timidement.
« Euh… Merci… » dit-elle en levant les yeux vers lui.
Il lui prit la main et s’assit à côté d’elle.
« Aujourd’hui est un grand soir ma belle !
- Ah ? C’est l’anniversaire de quelqu’un ?
- Non ma chérie, ce soir, je vais enlever tes jolis pétales un a un ! »
La phrase n’était peut-être pas très explicite sur le coup, mais comme je connaissais les intentions d’Alec, j’ai serré les dents rien qu’à y penser.
Elle lui adressa un regard apeuré.
« Tu.. tu plaisantes ? Je n’ai que quatorze ans ! Je veux bien comprendre que tu es plus âgé, mais je ne suis pas prête… Tout ce que l’on dit sur toi… Je ne voulais pas y croire…
- Allons, laisse-toi aller ma belle, ce n’est pas l’âge qui compte, et il ne faut pas toujours croire ce que l’on te dit… J’ai été gentil avec toi, alors laisses-toi faire !
- Alec ! Je t’assure, je … »
Il commença à lui caresser les cuisses tout en l’embrassant, en remontant de plus en plus vers ses hanches en soulevant sa robe. Elisa n’appréciait pas ce qui se passait, mais tant qu’elle ne le repoussait pas, je ne pouvais pas intervenir. S’ils allaient plus loin et qu’elle n’émettait pas d’objection, je ne pouvais rien faire, après tout, elle faisait ce qu’elle voulait de son corps. Je me suis décidé à partir car je ne pouvais plus en supporter d’avantage. Mais lorsque je l’ai entendue crier et que je l’ai vue essayer de repousser cette ordure, je suis sorti de ma cachette.
« Plus un geste ! »
J’ai pointé mon arme sur lui.
« Lâchez–la immédiatement ! Si vous refusez d’obtempérer, je serai contraint d’appeler du renfort ! »
Il laissa Elisa tranquille. Je savais très bien à qui je m’adressais, un seconde année. Peu importe que je sois un troufion et lui un futur soldat d’élite, je ne pouvais pas la laisser seule avec ce rustre.
Il s’avança vers moi.
« T’as de la chance ce soir ! Je ne suis pas d’humeur à me farcir du petit bleu, je me suis déjà bien défoulé ce soir et j’ai pris un avertissement, tu as dû voir ça non ? »
J’ai acquiescé d’un signe de tête pour qu’il ne reconnaisse pas ma voix, je ne ressentais encore que trop la douleur qui me tordait les tripes.
« De toute façon, ce n’est qu’une pucelle effarouchée, il n’y a rien en tirer ! Je laisse tomber ce plan. »
J’ai attendu qu’il s’éloigne pour rejoindre Elisa qui n’avait pas l’air d’aller bien.
« Tout va bien mademoiselle ? »
Elle leva les yeux vers moi. Elle tremblait de tous ses membres.
« Je… Je connais cette voix ! Pouvez-vous enlever votre casque que je voie… Qui vous êtes ?! »
J’ai fait ce qu’elle me demandait.
« Cloud ! C’est toi ! ? »
Elle tortilla nerveusement ses doigts. Elle essayait de parler de nouveau, mais elle était encore sous le choc de la tentative d’Alec.
« Mer… ci d’être venu à mon secours… Je ne sais pas ce que j’aurais fait seule… »
Je lui pris les épaules et je la regardai dans les yeux.
« C’est… c’est terminé… Il est parti… » lui dis-je pour la rassurer.
Elle plongea son regard dans le mien et elle se releva pour se mettre à ma hauteur. Elle était tout aussi intimidée que moi. Elle détourna son regard vers le distributeur de boissons. Elle s’adressa de nouveau à moi avec hésitation.
« Tu…tu veux… boire quelque chose ? C’est moi qui offre ! »
Je me suis assis sur le banc. Elle me donna une cannette de café froid, et elle prit un de jus de fruit. Elle commença à me parler.
« Nous n’avons pas tellement l’occasion de nous voir, même si nous faisons partie de la même faction, la caserne est à l’autre bout de la ville par rapport à l’internat des filles, vivement les vacances que l’on retourne à Midgar dans l’appartement d’Elody ! »
Nous étions seuls elle et moi. Pour une fois je me sentais à l’aise et je pouvais avoir une discussion normale avec elle. Personne ne se moquerait de moi si je bafouillais un peu.
« Quelques jours à Costa del sol, ça pourrait être sympa, je n’y suis allé qu’une fois et ce n’était pas pour du tourisme. Enfin, pour reparler de cette soirée, même si l’internat de filles est loin, ça ne t’as pas empêchée de faire le pont en dehors du couvre-feu pour aller voir ton petit ami. »
Elle me regarda en souriant comme elle savait si bien le faire.
« Dis-moi Cloud !? Tu n’as pas envie de vivre dangereusement ? Tant que l’on est jeune, il vaut mieux en profiter…
- Est-ce qu’être jeune signifie de sortir avec le premier venu qui n’aura qu’une seule idée en tête qui pourrait bien mettre tes études en l’air… J’ai entendu une fille dire qu’elle avait été obligée de… »
Elisa posa son index sur mes lèvres.
« Cloud, ce n’est pas ce que je veux dire ! Je ne voulais pas croire que Alec était comme ça, il était si gentil au début et j’aimais bien son côté fonceur…
- Fonceur dans les tripes, oui ! »
Je me suis frotté le ventre à ce moment-là, je ressentais encore la douleur du coup, et vu que je n’avais plus rien dans le ventre, cela n’arrangeait pas les choses.
« J’ai entendu ça, les bruits vont vite. Mais tu as eu beaucoup de courage pour lui faire face à nouveau. Tu veux que je te soigne un peu ? »
J’ai secoué la tête pour lui dire non, mais elle insista.
« Cloud, laisses-moi voir !
- Elisa, je ne vais pas me déshabiller à moitié pour que tu voies un gros bleu sur mon ventre !
- Je ne vais pas me répéter Strife ! »
J’ai défait ma ceinture et relevé le haut de mon uniforme. Je n’osais pas la regarder. Elle me toucha le ventre et je me suis mis à trembler.
« Ne tremble pas comme ça Cloud ! Je ne vais pas réussir à te soigner !
- Elisa, je… »
Elle recommença à poser sa main sur mon ventre et j’ai senti une étrange chaleur me traverser. Elle était en train de me soigner avec une matéria de soin. Je ne pouvais pas faire autrement que de trouver ça attendrissant et je me suis mis à rougir.
« Voilà, c’est fini ! Tu peux te rhabiller… Que… Tu rougis Cloud ?
- Je…
- Je crois bien que oui ! Je n’ai jamais vu un homme rougir… Je dois dire que je suis assez intimidée… Les choses que tu dis, le fait que tu sois gêné lorsque je m’approche de toi… Le fait que mon cœur bat à toute vitesse lorsque je m’approche de toi… Que tu es venu à mon secours… Et qu’en plus de ça… Tu es mignon… J’aime… J’aime tes yeux… »
Je me suis rapproché d’elle en passant ma main autour de son cou. Elle trembla légèrement.
«Tu… tu… es très jolie aussi Elisa… J’ai l’impression de te connaître depuis toujours…
-Cl… Cloud ? »
Nous avons fermé les yeux, et nous nous sommes embrassés… Comme si nous avions attendu ce baiser pendant deux mille ans. Un baiser long et passionné comme on peut en voir dans les films. J’étais le héros qui avait sauvé la jeune fille en détresse.
Lorsque nous reprîmes nos esprits, je l’enlaçai un peu plus et Elisa, posa son front contre le mien. Elle me parla tout bas :
« Qu’est-ce que c’était ?
- Je n’en sais rien…
- Nous nous sommes embrassés ?
- Je crois bien…
- Alors, cela veut dire que nous sortons ensemble… Je crois qu’il va y avoir des gens surpris… Toi et moi…
- Ca te gêne d’être avec moi, on peut arrêter tout de suite si tu veux…
- Non, c’est très bien comme ça, au moins, je pense que je serai bien avec toi ! Embrasses-moi encore et raccompagne-moi… Si tu préfères, on peut rester discrets. Au moins Alec ne risquera pas de te taper dessus ! »
Que notre flirt soit discret ou pas, quelle importance, j’avais embrassé Elisa et j’étais bien décidé à rester avec elle.